Le tunnel obscur dans lequel vous venez de vous glisser n'est pas très
long, et aboutit bientôt à une porte que vous poussez avec précaution.
Elle s'ouvre sur une pièce déserte qui doit être une sorte d'antichambre
ou de vestiaire, car vous y remarquez de nombreux vêtements, ou, plus
exactement, de nombreux habits de cérémonie. En effet, trente ou
quarante
toges blanches sont pendues à des patères et, posés sur des étagères,
vous
pouvez voir des masques. De macabres masques, qui sont en fait des têtes
de bouc ! Au fond de la pièce, à gauche, vous apercevez une porte.
Perplexe, vous vous demandez ce que vous allez faire. Un frisson vous
parcourt alors l'échiné, car le bruit que vous entendez ne vous laisse
aucun doute. Quelqu'un vient ! D'après les murmures de voix qui
s'amplifient peu à peu, c'est tout un groupe de personnes qui se dirige
vers la pièce où vous vous trouvez. Où vous cachez ? Vous jetez un coup
d'œil autour de vous, et vous décidez de prendre le risque de vous
mettre
contre le mur, près de l'autre porte, afin qu'elle vous cache lorsque
quelqu'un l'ouvrira. La porte ne tarde pas, en effet, à s'ouvrir sur une
quarantaine de personnes bavardant et gesticulant avec excitation. Vous
en
profitez pour vous mêler à elles, et passer ainsi inaperçu en imitant
leurs mimiques. En parlant fort, elles poussent du coude un homme
qu'elles
nomment Frère Meyna'ch et, d'après ce que vous pouvez comprendre, il
semble que cette nuit soit pour elles de la plus grande importance. Vous
continuez à les imiter, souriant, éclatant de rire même, et vous vous
retrouvez finalement revêtu d'une toge blanche, une tête de bouc
enfoncée
sur votre propre tête !
Maintenant, au milieu de vos nouveaux « compagnons » vous pouvez quitter
la pièce en empruntant le chemin par où ils sont venus. Mais si
vous êtes trop terrorisé pour les suivre, vous pouvez essayer
de rester en arrière, tandis qu'ils
disparaissent, priant le ciel pour
qu'ils ne vous remarquent pas.